Et si la Mondialisation c’était ça ?…

Le Marché de la détresse

Emil Georg suivi du Paradigme du crime originel nouveau Couverture Le Marché de la détresse
Parc Édition
Titre
Le Marché de la détresse
Auteur
Emil Georg
Collection
Collection Grise 10 x 15
Type
Taille
80 pages
ISBN
978-2-91-201010-0
Publié

Présentation

Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale UFR de l’Université Paul Cézanne - Aix Marseille III (2008): https://communweb.com/comnet/textes.html
Dans cet ouvrage l’un des apôtres du Marché mondialisé nous révèle le contenu de certaines notes manuscrites qui circulent parmi les acteurs les plus actifs de ladite « Nouvelle Cité ». Sont-ce Dieu et ses « Lois imprescriptibles » qui prennent possession du Marché ou assiste-t-on à une conspiration de brutes mercantiles et mafieuses, qui se réinventent un Dieu ?
La trinité Science-Industrie-Finances et ses affidés ont déjà fait advenir leur réalité. Et cette réalité coupe non seulement l’histoire en deux mais elle divise également l’humanité en deux espèces : les génétiquement solvables, et les autres, les déchus de leur identité humaine, voués à la disparition. Si Emil Georg dit vrai - et tout nous pousse à le croire - le Marché est entré dans la réalité, doté d’une « instance supérieure » advenue par la grâce de l’Évolution des Espèces Assistée par Ordinateur (EEAO). Il aurait déjà décidé de la destinée de ceux qui, d’ici à un avenir bref, seront les Citoyens de la Nouvelle Cité ou de ceux - plus de la moitié de la population terrestre en 2010 ! - qui seront condamnés à disparaître.
Quant au Marché de la détresse, il ne serait rien de moins que la Rédemption de ceux et de celles qui acceptent, par pur acte de foi, de devenir les Ouvriers du Vrai, les Serviteurs…
Nous pensons qu’il était nécessaire de publier ce document inédit et de lever la confidentialité qui le couvre encore. Inutile de dire que la complicité d’Emil Georg en cette affaire ne nous rend pas pour autant solidaires de lui !

* (cf. à ce propos ZEITGEIST - plus bas)

À lire également

L’Empire du défaut

Extraits

Avertissement de l’éditeur

Selon les informations qui nous ont été transmises par Emil Georg, la mise en œuvre du Marché de la détresse et, plus généralement, la mise en application de ce que, pour notre part, nous appellerions l’achèvement de l’idéologie du Dispositif technico-financier mondial, est entré dans les faits.
Le document que nous publions est une transcription sans doute partielle de séminaires tenus entre Harvard, l’Université de Bruxelles et l’ESHE à Paris. Ils commentent des notes (dont certaines reproduites ici), émanant d’organismes et autres institutions financières.
Il va sans dire que nous proposons ce document au lecteur avec toutes nos réserves. La mutation en cours voit l’émergence d’une humanité « génomiquement élue » et d’un large pan - majoritaire - de la population terrestre voué à l’extinction. Si cette évolution rappelle celle du paléolithique supérieur, elle fait penser davantage encore à une idéologie eugéniste où un Homo technicus, avec la caution d’un monothéisme suspect, s’impose au nom de la « rédemption », et de la « glorification » d’un Dispositif conçu par quelque « instance supérieure »…

Une Humanité à deux vitesses (page 9)

Ce que nous appelons Marché - y compris bien sûr, plus loin, le Marché de la détresse -, constitue une évolution anthropologique objective, dans l’esprit comme dans les faits. Il intègre un vaste réseau initial de paramètres inter-réactifs, ainsi qu’une multitude d’acteurs participant tous à l’opérationnalité du Marché, mais un marché élastique, dictant à l’Humanité la seule loi évolutive que la raison ait pu extirper de sa houleuse et, trop souvent, périlleuse aventure.
Le Marché est donc un aboutissement évolutionniste ; il n’en est pas moins, grâce au travail intensif et courageux entrepris à partir du socle matériel qui engendre le vivant, l’aube d’une espèce nouvelle, dotée de caractéristiques génétiques intrinsèques remaniées en vue de l’éradication de toutes les valences et combinaisons psycho-physiologiques qui, à titres divers, provoquaient ce déplorable esprit de « désenchantement », lequel instillait son venin dans le corps et dans l’âme de l’homme, les dévoyant vers toujours plus de mal que de bien. Cette évolution-là a bifurqué dans le bon sens ; elle a pu être rectifiée, non sans mal, en vue de la victoire - en tout cas pour les siècles à venir - de l’œuvre tant individuelle que collective de chercheurs authentiques, qui ont su, sans jamais se départir de leur foi dans le rôle sacré de l’homme, dévoiler, au cœur du dispositif du vivant, les mécanismes qui ad infinitum projettent l’être humain vers le bonheur auquel la nature bien comprise le destine. […]

Évolution des Espèces Assistée par Ordinateur (Computer Assisted Evolution)

Le Marché actualise cette instance qui constitue à la fois la raison de la survie et la survie de la raison dans la civilisation. Il n’a pas imposé sa loi, mais il l’a exsudée, pour constituer une évidence qui s’impose – je dirais qui se révèle – à la conscience humaine. Le Marché est l’aboutissement d’un processus anthropo-techno-théologique, lequel, tout naturellement, grâce à ses régulateurs intrinsèques, rejoint un évolutionnisme primordial. En effet, avec l’Évolution des Espèces Assistées par Ordinateur (EEAO), on peut parler aujourd’hui d’un néodarwinisme où les systèmes numériques et bientôt quantiques veillent littéralement à la survie optimale de l’espèce. […]

Le Génie génétique comme anthropologie divine (page 13)

Il apparaît clairement aujourd’hui que le Marché est engagé dans rien de moins qu’une mutation radicale du « genre humain » par le simple jeu de la rentabilisation de centaines, voire de milliers de brevets issus des laboratoires de recherche. Le Génie génétique - joint à la numérisation du monde - n’est donc pas le moindre événement qui échappe ainsi à l’ancienne Cité. Face à ce vaste déploiement de moyens opératoires, se dégage une volonté de scinder le genre humain en deux espèces : l’une, rattachée à l’industrie génétique, l’autre exclue de celle-ci. Lee Silver, biologiste à Princeton (New Jersey) peut ainsi affirmer que les techniques de reproduction obéissent à la loi du Marché et que « la seule solution serait de permettre à tout le monde de l’utiliser [le Génie génétique]. Sinon, l’aboutissement ultime de tout cela, c’est la séparation de l’humanité en deux espèces différentes, les « Naturels » et les « Genrichs ».
L’analyse de L. Silver reste cependant critique quand il rajoute que « contrairement à ce que Aldous Huxley disait dans Le Meilleur des mondes, ce n’est pas le socialisme mais le capitalisme qui est la mort de l’humanité ».
En réalité on n’en est plus là.
L’anthropologie politique dans l’ère mondiale du Marché ne peut plus, on s’en doute, se définir selon les paradigmes idéologiques du XXe siècle. La mutation en cours implique non pas une réévaluation de qualités devenues obsolètes, mais bien une invalidation de la faisabilité humaine telle qu’elle avait été tentée au cours des derniers siècles, et son décrochage radical du langage philosophique traditionnel. Si, comme l’affirme Gilbert Hottois, « la raison ne peut devenir finale qu’en s’associant à la "bonne affectivité" de l’amour », cela résulte d’abord de ce que la raison souffre « d’une impuissance constitutive, [qui] l’exclut « de la considération éthique les êtres et les démarches non parlants […] » (c’est nous qui soulignons). Vouloir alors, et par ailleurs, « écarter ou ignorer comme démesure, barbarie ou insignifiance, les possibles et perspectives, qui insistent à l’horizon de notre civilisation techno-scientifique […], me paraît au point de vue de la philosophie non satisfaisant. […] Il faut cesser d’opposer, d’une manière antagoniste et simple, le combat contre la finitude et l’assomption de la finitude 5. »
Ainsi, l’Humanité promise à la survie selon le mode opératoire déjà mis en place pour un destin de survie, est l’Humanité financièrement et objectivement intégrable. Celle qui ne l’est pas, en étant exclue du Marché, se trouve explicitement sortie de l’Histoire et non seulement livrée à elle-même, mais implicitement hors identité, rejetée du processus évolutionniste et, par là, vouée à la finitude.

Le potentiel génétique, l’événement pur (page 40)

Pourquoi parler de hasard si tous les faits objectifs nous invitent à nous en dispenser ?
L’instructurable, ce potentiel, ou ce manque de potentiel qu’aucun événement ne peut intégrer dans un quelconque système, fût-il le Marché de la détresse, l’absolue non rédimable part du Corpus humain, n’a de sens que s’il participe à une évidence, un mur infranchissable même pour l’esprit le plus concret. Il n’a de sens qu’en tant qu’événement pur, en tant que révélation de cet événement pur.
Ne nous attardons pas au juste chiffre de l’ouverture des cotations du Marché de la détresse (-110 à -159, cf. plus loin), auquel ont abouti nos études complexes mais affinées, après intégration de l’Humain-social non structurable (SNSHR).
Revenons plutôt à l’événement qui le sous-tend.
Il existe parmi les populations, cela est devenu clair au cours du XXe siècle, des inégalités en potentiel génétique. Ce potentiel génétique prédispose tel individu ou tel ensemble d’individus à créer ou non ses conditions de survie. La capacité d’instaurer, quelles que soient les vicissitudes historiques, un système d’informations qui couple les populations aux instruments (ou moyens) de survie, dès lors qu’elle peut et doit se les assurer, conditionne leur devenir.
L’inégalité des populations devant ce Destin est un fait anthropologique.
Il importe de savoir à qui incombe la responsabilité de cette inégalité de potentiel génétique. À un déterminisme cruel, à une Volonté supérieure mal comprise par l’incapacité de coupler l’information avec le corps, au « pur Hasard » ? Mais répétons-le : Pourquoi parler de hasard si tous les faits objectifs nous invitent à nous en dispenser ?
Qu’entend-on cependant par potentiel génétique ?
Toute forme, pour passer de l’abstrait au concret, nécessite une médiation, une information qui utilise et asservit l’énergie potentielle du système. Une forme, une population, n’est pas pure, n’est pas stable, elle est une abstraction qui nécessite la médiation d’un « moule » pour entrer avec lui en résonance afin de libérer, dans cette communication entre forme abstraite et destin concret, l’énergie potentielle qui lui permette de se doter d’un quelconque devenir.
Ce qui vaut pour les populations vaut a fortiori aussi pour les marchés. On peut soutenir, globalement, que les marchés classiques furent des formes inachevées qui n’ont su que de façon diverse, à partir de leur énergie potentielle, capter les moyens (processus techniques), leur permettant de sortir de leur forme primitive - fermée puis abstraite - pour rejoindre leur finalité concrète : le Marché. Avant le Marché, régnaient l’anarchie et le chaos d’ensembles déjà donnés, mais foncièrement immatures. Les marchés nationaux étaient conçus comme des « unités théoriques et matérielles », sans « compatibilité réelle » entre la part théorique et la part matérielle. Il leur manquait l’information technologique pour intégrer ces « fonctionnements anciens », issus de leur forme primitive, dans un ensemble mature et concret. En fait, il leur manquait la médiation technologique à même de leur conférer la cohérence et la concrétisation qui sont celles du Marché. Ayant mal négocié le passage de l’abstraction au concret, les marchés primitifs étaient, nous dirions par défaut inégaux devant la loi du Marché et, selon leur teneur en « énergie potentielle », ils ont su ou non développer les moyens d’atteindre leur devenir concret : l’intégration dans le Dispositif technoscientifique, lequel a permis l’advenue du Marché. « L’Homme, dit très bien R. Tob, dépossédé de sa fonction de porteur d’outil, […] n’est pas au niveau des individus techniques ; il est en dessous des individus techniques, tant physiologiquement puisque l’individu technique impose ses schèmes au corps humain, qu’intellectuellement puisqu’il n’a plus accès aux schèmes de machines devenues concrètes. »
N’oublions jamais que les technosciences sont le prolongement d’un destin humain, lui-même soumis aux lois de l’évolution régies par une Instance supérieure à l’homme. Qu’en conséquence, les structurations ou les déstructurations, les intégrations ou les invalidations qui lui sont consécutives ne relèvent pas a priori du domaine de l’Humain. En d’autres termes, « l’origine, produit par l’homme ou engendré par la nature, n’est plus le critère… ». L’évolution est fondamentalement une forme en devenir ; une information permanente laquelle échappe à la décidabilité humaine. La survie, le bonheur et la responsabilité de l’Humain sont devenus une affaire de « couplage » entre l’homme classique doué ou dépourvu d’énergie potentielle, et « l’homme technique », produit en devenir selon les lois supérieures de l’évolution.
Tout cela pour dire que ce couplage, lorsqu’il n’a su se produire selon ces lois, échappe de facto à la responsabilité humaine - puisque la nature, comme on l’a vu, n’est pas du domaine de l’humain, mais peut l’être, toutefois, à condition qu’il s’agisse d’une responsabilité relative, i.e. une responsabilité exsudée par une volonté charitable, voire miséricordieuse, inhérente au Marché.
Nous y reviendrons.
Mais insistons sur le fait qu’il n’appartient à aucune « éthique » en soi - par essence abstraite et arbitraire - de contraindre une population de prendre en charge le surnuméraire démographique fossile issu d’une entropie naturelle, c’est-à-dire d’une défaillance évolutive structurelle.
Or, justement, la population non structurée, objet du Marché de la détresse telle qu’elle a été définie dans les notes ci-dessus (SHNSR), n’est pas à considérer à proprement parler comme surnuméraire fossile. Elle conserve un potentiel d’énergie, quand bien même limité. Si elle se trouve rejetée hors du social structuré, elle n’en est pas pour autant définitivement mise hors évolution. En termes de Marché, elle offre encore des opportunités de médiation ; disons qu’elle reste dotée de facultés de servitude, de couplage possible avec « l’homme-technique », donc de salut. Si « la médiation constitue un règne concret, un règne propre, dont on peut faire l’histoire, dire l’évolution », si « c’est sa relation aux autres objets, techniques ou naturels, qui devient régulatrice et permet l’auto-entretien », alors rien n’interdit au Marché, bien au contraire, d’incorporer une part du surnuméraire en tant que serviteur au profit d’une population contiguë. Mais à condition que celle-ci soit soumise au protocole de « responsabilité ». Le Marché de la détresse, comme expression concrète de cette responsabilité, donne ainsi au serviteur « l’occasion de comprendre que la médiation qu’est la technique est une médiation chargée d’un sens interne, qu’elle est opératoire, et qu’elle l’est intrinsèquement […], par rapport à l’homme et au monde, par rapport à ce qu’est capable de produire comme effet ce règne propre sur cet autre règne que forme l’humain ».
Pour notre part, le couple homme-technique se concrétise dans une sphère opératoire, certes, mais également dans un dessein hors de l’Humain, qui est l’empreinte du dessein de Dieu, tel qu’il a interpellé l’Humain depuis des temps immémoriaux. L’association trinitaire Outil/ Finance/Technologie peut ainsi produire, par métonymie, de véritables valeurs théologiques.
En ce sens la solidarité du Marché, au travers du Marché de la détresse, participe-t-elle à une tradition miséricordieuse, dans la mesure où elle rend opératoire de manière implicite, non immédiatement objective, une commisération de contiguïté, le cœur ouvert à l’autre immédiat, une foi en l’autre qui, en échange de cet acte miséricordieux, offre le don que constitue sa servitude.
Or la servitude n’est pas l’esclavage. N’oublions pas que le maître n’est plus nulle part dans la structure du Marché. L’autonomie, l’autorité sont précisément structurelles, d’une pure, d’une totale objectivité, puisque la technologie hautement informée forme couple avec lui. Plus simplement, on peut affirmer que le Marché est le prolongement du corps autant que de l’âme. Tout comme l’homme technologiquement structuré se prolonge dans et par le Marché, l’homme non structuré du Marché de la détresse fait don au Marché de sa part machinique, à charge pour celui-ci d’accorder à l’individu serviteur sa miséricorde, c’est-à-dire sa part de pérennité dans le bonheur, ainsi que les moyens génétiques d’y parvenir. Donc, ni maître ni esclave ni aliénation, mais donation pure et matérialisme de la grâce […]

Table des matières

Avertissement de l’éditeur
page 1
Présentation de l’auteur
page 7

Une nouvelle cité

Une humanité à deux vitesses
page 9
Évolution des espèces assistée par ordinateur
page 12
Le génie génétique comme anthropologie divine
page 13
La justice intrinsèque
page 16
Les Autres ou l’évolution irréductible
page 7
Un marché pour la détresse
page 20

Le Marché de la Détresse

Note 1 : Population interstitielle ou « tampon »
page 25
Note 2 : Identification des cibles
page 29
Marché négatif ou équilibre global
page 30
Note 3 : (SSHR)
page 35
Rejet structuré ou la bonne servitude
page 36
Le potentiel génétique, l’événement pur
page 39
Note 4 : Rejet non structuré (SNSHR)
page 47
Rejet de la frange
page 48
Note 5 : Double rejet
page 53
L’effectivité de la Faute
page 54
Note 6 : Calcul des dividendes (DC)
page 59
Du bon usage de la subjectivité
page 60
Le remaniement du vivant : point oméga
page 65

Le Crime Originel Nouveau

Note 7 : Confer Extermination du Néandertal
page 67
Une évolution bien comprise, la non-assistance nécessaire
page 68
Action nécessaire et responsabilité
page 69
Note 8 : Paradigme du Crime Originel Nouveau (NOCP)
page 71
L’événement théologal
page 72