MARS ou CRÈVE

Alexander Zheimer

collection grise 10 x15 - ISBN (978)-2-912010-04-7

78 pages, 5 euros

« Alexander Zheimer n'est pas seulement le plus grand astrophysicien de cette fin de siècle. C'est aussi un écrivain hors pair comme le prouve Dying for Mars. Grâce à des données jusque-là top secret, Al nous révèle ce qui est réellement arrivé au petit robot Sojourner sur Mars : de quoi stupéfier les mieux informés. D'autre part, en s'appuyant sur sa désormais fameuse théorie des lacunars, il nous amène à réfléchir sur le destin de l'homme dans l'Univers. »

(Paul Kaplan, superviseur de la mission martienne à la NASA).

Initiateur des missions Mariner III (1964) et Mars Observer (1993), conseiller extraordinaire du lancement soviétique de la capsule Mars II (1971) et des sondes Phobos (1989), Alexander Zheimer est le meilleur expert des ratages cosmiques : tous ces projets ont en effet échoué. Il dirige actuellement le programme international «terraformation» (étude de l'habitabilité par l'homme sans scaphandre) sur Mars, Vénus et Titan, le plus gros satellite de Saturne. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages scientifiques dont Lacunars in the Sky (1987, University Press of BLAB, L. A.), exposé de son astrophysique des espaces imaginaires ou lacunars d'après les « hypothèses problématiques » de Fred Jarry et de Bob Hoax.

 

Extraits

(Flashforward).

« Ma théorie des lacunars qui m'a valu tant de quolibets me paraît maintenant vérifiée par ces enregistrements : il existe bien, dans l'espace interstellaire du fissuré, des lacunars où viennent se nicher des réalités physiques imperceptibles, impensables. Comme je l'ai déjà écrit, il s'agit de décors, d'une construction à l'allure baroque, apparemment vaine, volumes et vides stylisés à la clef, pour le seul fait de l'être. Béances ou hypertrophies, ces lacunars creusent la matière de l'intérieur telles les termites une termitière au point que, s'il devait nous arriver de ne pas nous en rendre compte, tout l'ensemble, le Sein comme disent certains philosurfeurs, ou la vie pour les phys de chiens, bref tout s'effriterait, tout s'écroulerait d'un seul coup. »

Extrait d'une lettre d'Al. Zheimer à J. Douille
(octobre 1997).

***

« J'ai 98 ans. Sans doute ne suis-je moi aussi qu'un lacunar en devenir, en voie d'atomisation imminente : en attendant in extremis mon "staffeur".
« Pour replâtrer l'histoire. »

(Da capo).

Extrait d'un entretien privé d'Al. Zheimer
avec son traducteur français
(s. d. s. l.).

I

 

Ares Vallis, 45° N 18 ° O,
13 décembre 1997.

(Premier test de liaison directe sur le système parallalèle Zheimer-Hoax 1.)

« La vérité... Là, tout simplement... oh !... oh !... non... non ! tout de même... ça peut pas aller si loin... je le dis ! »

Correction. « Je le redis !... ce n'est pas de telle importance... ».

« Ici, Professeur Z. Pro-fes-seur Z. Je répète. Pro-fes-seur Z. Je ne peux pas lire ces lignes, message non lu... »

Contact rétabli. Concluant en émission mais sans retour.

« Pourquoi Fer-di-nand ? »

(Contrôle technique. Problème de motri-cité aux roues avant gauche. Rechargement aléatoire des batteries solaires : avarie de conduction (?) insoluble. Impossible de transférer plus de données à la journée.)

« J'inexiste. Pas nette, la planète, en tous points semblable à la simulation en laboratoire. Pour en finir une mauvaise fois pour toutes : pas de trace de vie hu-mai-ne... Hormis la date, je me sens pas si indépendant que ça. »

Lecture demandée.

« Ici, Professeur Z. Des-crip-tion at-mo-sphère, si tu peux... »

Un long silence.

« Soirée d'étudiants. Quartier inconnu, visages imberbes. On parle... ça cause. Mais sur Mars, je ne vois rien. Deux, trois esquisses femelles, pas vécu, aucune. Deux, trois mâles, rien à se dire, chômage, rires d'agneaux. On s'égorge... »

« Des antennes. Vrai, j'aperçois des anten-nes, pas Twin Peaks. Mais des antennes, et puis elle, elle arrive... »

Fin de communication2. (...)


Notes:
1. Me souvient que le robot m'a envoyé comme tout premier signal, un étrange message, décodable à peu près sous la forme : « Ferdinand ! Fer-di-nand !! Tu as l'ouïe ? Fer-di-nand... Ces lignes. »

2. Rien pigé à cette première description de Sojourner, sur le coup : aucune relation avec ses précédents comptes rendus officiels, sinon cette allusion à Twin Peaks, les deux collines de quelques dizaines mètres d'altitude, situées à environ 1 km de la sonde (ainsi nommées par le Jet Laboratory Propulsion de Pasaneda).

 

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