Morsure

(Tous ces titres sont disponibles chez Parc, voir bas-de-page)

- Pierre Mérot, Petit Camp, (rites déconcertants)
- John Gelder, La Revanche du Néandertal (ou l'odyssée de l'espèce)
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Olivier Gambier, Carnaccia (L'eschatologie tempérée)
- Pierre Jourde, Dans mon chien
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Gilles Sebhan, Haut risque
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Tarik Noui, La Désolation des Singes

- Alain Defossé, Dans la douceur du soir
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Vincent Colin, Lovepointnet


PochParc17


 

Dans mon chien, 144 pages, 7 euros, illustrations de R. Vigneau
ISBN 978-2-912010-15-2
 

Quel homme ne rêve d'aller à l'amour directement, « et, le trouvant, de lui couper ensuite la retraite par la seule force du raisonnement » ? Mais, en chemin, votre chien vous dévore. Au creux de son ventre, démembré, vous vivez encore, vous sentez. Que se passe-t-il alors ? Le récit de cette expérience ne ressemble à rien de connu : on y assiste à une descente tumultueuse, amoureuse, pulsionnelle, d'une allégresse noire. Non pas à une descente en enfer, mais dans la profondeur viscérale du centaurien, là où couve le désir carnivore avec son florilège de mythes.

Vu du dedans, l'amour cabot est différent. Les maîtresses du chien, Hécates ou hétaïres, autant que leurs amants, attisent votre souffrance et vos aboiements rentrés. Du coup, le voyeur dévoré devient visionnaire, témoin à charge de notre monde. S'ouvrent de vertigineuses perspectives existentielles ponctuées de passages à l'acte où la tendresse le dispute à la cruauté, le physique au métaphysique, la scatologie à l'eschatologie, Eros à Thanatos.

Ce texte insensé, hilarant, entraîne le lecteur dans une succession de surprises homériques en diable.

Pierre Jourde, professeur à l'université de Grenoble, critique littéraire, est l'auteur du pamphlet : La littérature sans estomac. Ses romans font date : Pays perdu, Festins secrets (L'esprit des Péninsules) et Carnets d'un voygeur zoulou dans les banlieues en feu (Gallimard).  Il est l'auteur de plusieurs essais (dont Géographies imaginaires et Empailler le toréador chez Corti.)

Illustrations de Robert Vigneau.

 

POSTFACE : Turbulences

 

La Revanche du Néandertal ou l'odyssée de l'espèce, John Gelder,PochParc, 112 p. - 7 euros
ISBN 978-2-912010-13-6

Il y a environ 22 500 ans, les derniers Néandertaliens disparaissaient d'Europe sous les assauts de colonisateurs en provenance du Moyen-Orient. Sans doute assistait-on à la première épuration ethnique commise par cet homme nouveau -- l'Homo sapiens sapiens --, cet Erectus plus élancé, plus beau, plus rusé, mieux armé, donc plus criminel que son prédécesseur.
La Revanche du Néandertal nous révèle, avec brio et non sans ironie, les circonstances de cette « faute » enfouie depuis des millénaires dans la mémoire collective de l'Homo... Elle montre comment et pourquoi le refoulé primitif reprend du service là où, mieux que jamais, il peut exercer son sacerdoce de l'abominable et du tragique : au sein du Dispositif technique et militaro-industriel qui menace le monde. Mais dont, également, les effets, pervers ou non, n'ont pas fini de nous surprendre...
Du « vieil oncle » qui fait désordre dans la famille à l'érection armée, de l'hermaphrodisme originel à la controverse des ADNoïdes, de la machine à faire des dieux au divan de Freud, de la force de frappe sélective au remodelage des corps...

Mieux qu'une somme, une mémorable épopée.

John Gelder a publié 6 ouvrages, romans et essais dont Facettes du désastre (Jean-Michel Place) et chez Desnel, Sucer le miel au creux des pierres. Il a collaboré à diverses revues, dont L'Aventure humaine et la Revue d'esthétique. Il est éditeur, notamment du collectif Objet perdu.

«John Gelder sollicite la curiosité et nous invite ironiquement à penser, nous, promeneurs candides, saturés d'informations parcellaires et nourris de confuses rumeurs ; à penser, si nous en sommes encore capables, homo urbains-sapiens (Ss) mystifiés. Sa démonstration maïeutique nous amuse puis, dans un deuxième temps, nous provoque. Nous voilà devenus des esprits prévenus. »

Isabelle Dormion

Extraits de presse à propos de précédents ouvrages de l'auteur:
"Cette histoire poignante est aussi l'histoire d'un poing. Car Gelder, soucieux de restaurer les conditions de possibilité de la pensée, a fait sienne, à même son écriture, l'affirmation ultime de Mallarmé : "Toute pensée émet un coup de dés" " ( Jean Saveedra, Quinzaine littéraire, Facette du désastre, 1991). "C'est un profond malaise que produisent les pages de John-Emile Orcan [Gelder]: reste à savoir s'il faut l'attribuer aux scènes multiples qu'il décrit, ou bien plutôt à la façon vicieuse de le faire, avec ce style supérieur et glacial, cette langue impeccablement muselée, ce ton cyniquement élégant qui la caractérisent... Du grand art destructeur "par-delà le bien et le mal"" (Jérôme Garcin, L'Esprit des rats, 1981). "La différence entre la littérature et la psychose est là, dans la limpidité et la transparence, dans l'écho que les phrases de cet écrivain singulier font directement résonner en nous. John Gelder ? Mais c'est moi, mais c'est vous! Chaque homme porte la forme entière de l'humaine abjection" (Dominique Noguez, 1991, Facettes du désastre). "J'imagine que les lecteurs se fâcheront parfois. Ce n'est pas la meilleure attitude à adopter, face à un livre qui comporte plus de richesses qu'il n'apporte de malheurs" (Richard Garzarolli, La Tribunede Genève). "Il y a quelque chose de grandiose dans cet ouvrage. La lecture à laquelle nous sommes conviés n'est absolument pas un simple générique médicamentaire livré aux alégastes ainsi nommés par Rabelais parcqu'ils ne savent pas rire et redoutenaient tant ses saillies féroces déjà distanciées avant la lettre", (A. Cadet-Petit, sur Sucer le miel au creux des pierres, 2007)

 

 

CARNACCIA, une eschatologie bien tempérée, Olivier Gambier - 144 pages
(7 euros) - ISBN 978-2-912010-12-8

« ...La rencontre de deux corps n'est jamais innocente ; je devais courir, et rencontrais parfois dans le souffle de ma course un de ces corps découpés ; ou, bien pis, de la matière inerte, des murs, des détritus, du bitume, des objets mous, d'autres solides ; je ne sais pas pourquoi ces corps pulsent ; je pense que quelque chose brûle qui les consume ; ou bien brûlent-ils et consument-ils quelque chose ? J'ai déjà vu des corps qui brûlent ; ce n'est pas ça ; moderne consomption...
J'entrai. »

Aleph, plaie errante, se lie à Baal, démon affamé. C'est ensemble qu'ils parcourent Molibden, rencontrant d'autres plaies errantes et Venceslas le chien, Graal d'Aleph. Dans la boue et dans le litron, les errants pataugent jusqu'à l'inéluctable fin de toute fiction ; puisque Carnaccia n'est autre que la dévoration de ce qui ne saurait naître. Mais par delà l'eschatologie et les sanies auxquelles Carnaccia prétend, il y a la faim des mots : camisoles avides de chair, telle une oreille en tourbillon, aspirant à eux tous les corps animés. Il ne faut donc s'étonner de rien, sinon de la survie d'Aleph. Et pourtant, Aleph n'est-il pas le seul, parmi ces voix d'outre-tombe, à recueillir celle du chien ? 
Animalesques, carnassiers ou tendres, les protagonistes de cette aventure s'entredévorent, mais la danse n'est macabre qu'en apparence ; le verbe aiguisé telle une lame de chirurgien génialement inspiré - joueur d'échec à ses heures - y opère une alchimie d'un genre inédit, comme pour faire place nette et évoquer «au-delà des yeux morts de ses contemporains les parfums du marécage». Celui, libérateur, d'une absolue intelligence, ouverte à toutes les métamorphoses.

Olivier Gambier (25 ans) réussit mieux qu'un roman : une épopée aux exorcismes graves et périlleux. On découvre un auteur étonnant, il inaugure une entreprise littéraire qui risque bien de compter pour longtemps.

 

En couverture : peinture à l'huile d'Eric Roncerel.

Petit Camp, rites déconcertants, Pierre Mérot,
96 pages, PochParc - 7 Euros - ISBN 978-2-912010-14-4

« Au seuil de ce livre si surprenant, si inouï, si jamais vu, si jamais lu, je devrais, pour rendre un peu de ma surprise et de ma jubilation, écrire à l'envers ou en lettres de sang et d'un mètre de haut (ou plutôt d'un millième de millimètre : il y a beaucoup de réalités infinitésimales dans le monde de Pierre Mérot), ou encore y aller d'un croquis à sa manière, énigmatique et dérisoire dans sa cavalière simplicité.
Essayons les mots habituels. De quoi, de qui s'agit-il ? Où et quand cela se passe-t-il ? Disons tout de suite que les classiques repères aristotéliciens sont ici de peu d'efficacité. D'une certaine façon, tout est dans le titre, Petit Camp. En trois parties et cent quatre-vingt-dix paragraphes numérotés, voici en effet la description d'une «communauté» appelée à former, en rase campagne, une «Nouvelle Leipzig». Mais qui sont ces Garagistes et cet Obsédé (bientôt démultiplié en milliers de doubles) qui la fondent ?
[...] Tout, dans cet univers, semble pris dans l'étrange douceur d'une torture généralisée. Triturations de cadavres, corps déchiquetés, machineries sexuelles. Entend-on crier ? Même pas. Impression d'infini silence.

Avec la logique implacable et tranquille du rêve et un doigt de sinistre esprit bureaucratique genre SS à Auschwitz, voici le monde vu dans un prisme ou un miroir anamorphique, la tête en bas, par le petit bout d'une lorgnette ou le gros bout d'un téléscope ou le cul d'une (petite) bouteille : le cauchemar est en effet ici souvent miniaturisé. »

Dominique NOGUEZ

 

Pierre Mérot a écrit deux romans à la Différence : Pays soeur, 1987 et Crucifiction, 1991, plus récemment, Mammifères et L'Irréaliste (Flammarion)


Morsure - 135 x 195

 

Haut Risque, Gilles Sebhan, format 135 X 195, roman, 216 pages,
Coll. Morsure &endash; 16 euros - ISBN 978-2-912010-16-0

« ... Dès que tout cela se trouve soudainement détourné, dès que le désir y passe en contrebande, il se produit alors comme un petit miracle. Ce que certains nomment perversité n'est que la recherche forcenée d'une beauté nouvelle. »

Un ex-enfant terrible tourmenté par le désir et la jeunesse se retrouve professeur dans un collège de banlieue. Après une période idyllique avec ses « petits faunes », une série de voyages bouffons, déroutants ou tragiques, il est bien obligé d'admettre que le monde s'est assombri. La rencontre d'un de ses élèves va soudainement bouleverser l'ordre des choses et plonger les protagonistes dans un univers extrême.

Haut Risque, roman-fiction qui renoue avec une tradition littéraire du mal (Genet, Duvert), approche, non sans audace, le désarroi d'une certaine jeunesse. On songe aussi à Lolita, mais une Lolita au masculin... Le début classique d'autobiographie vire progressivement au récit poignant et fiévreux, comme si l'âge des personnages, leur immaturité, leur violence, entraînaient peu à peu l'écriture vers une tension tout à fait contemporaine

Entre grâce et disgrâce, Haut Risque nous révèle un monde où réalité et fantasme s'allient jusqu'à l'éclatant désastre.

 

Gilles Sebhan est né en 1967. Il vit et travaille à Paris. Haut Risque est son premier roman édité. Depuis, il a édité chez Denoel, Presque gentil (2005) et La Dette chez Gallimard (2006).

 

La Désolation des singes, Tarik Noui, 104 pages, 135 x195, 13 euros
ISBN : 2-912010-18-7

La Désolation des singes, parle de désir et de la spoliation des corps soumis à la Machine, d'un Maître et de ses esclaves. Organisé de façon rhpsodique, elle annonce un devenir inattendu: la symbiose entre l'animalité du corps et ... Le lieu «mythique» du forfait : l'Usine, mais une usine métonymique de l'asservissement généralisé des corps. Josu, dernier Maître de l'espèce « désolée », abuse de ses créatures ouvrières déjà aliénées au travail en leur imposant son esthétique de mâle, fondée sur la volonté de pouvoir, donc le viol et à la prostitution : « Je le garderai, ce désir, je lui ferai un minaret blanc avec des colonnes massives, percées jusqu'au nadir de la terre. Pour moi. Les autres pas assez forts. Pour garder le désir, il faut être plus fort que le désir des autres [...] J'en suis capable et ainsi de suite, jusqu'a devenir le désir d'un autre, jusqu'à devenir le petit monstre fatigué d'autrui. »

Car la « machine désirante » s'enraie dans une lente mais inexorable prise de conscience des maux qu'elle incarne. Josu, prophète apocalytique malgré lui, Zarathoustra pathétique du présent extrême, annonce la venue du sur-objet. L'animalité du corps s'unit à la mécanique en une étonnante symbiose ; le « malheur » aura fait « une collée entre nous et l'espèce à venir... tenue par l'ingénierie d'une nouvelle genèse. »

Tarik Noui, vingt neuf ans, signe, avec La Désolation des singes, son deuxième ouvrage.

 

Dans la douceur du soir, Alain Defossé, roman, 144 pages, 135x195 - 15 Euros
ISBN 978-2-912010-21-7

Boléro, dans la douceur du soirÉ Une femme fredonne cette rengaine, chaque nuit, seule dans une grande maison. Elle a posé son verre de whisky près du pick-up où tourne le 78 tours. On l'appelle la Baronne. Dans la paix de la campagne et de l'alcool, elle rêve sa vie, rêve à la vie qui fut la sienne, et ce rêve n'est pas toujours bleu. Elle n'attend plus rien. Et puis surgit un jeune homme, comme un regain de flamme ou une dernière illusion. Un jeune homme très beau, qui exige sans rien demander. La Baronne, arrachée à elle-même, voudrait tout lui donner, alors qu'il ne lui reste rien. Elle n'a plus qu'une chose à lui offrir : sa raison. Dans ce jeu incertain entre deux êtres troubles et perdus, les masques tomberont jusqu'au drame.

Un roman rare, intimiste et violent, qui nous plonge au cÏur de la solitude et de la perte, et s'achève dans la douleur d'un matinÉ

Alain Defossé est né en 1957. Traducteur de littérature anglaise et américaine, il est également l'auteur de trois romans, Les Fourmis d'Anvers (Salvy, 1991- réédités aux éd. Du Rocher - coll. Motifs), Retour à la ville (Salvy, 1995) et Dimanche au Mont Valérien (Joca Seria, 2000) et, plus récemment, Chien de cendres (Panama, 2006) et L'Homme en habit (Du Rocher, 2007).

Couverture : photo Michel Aguilera.

 

 

 

Lovepointnet, Vincent Colin, roman, 224 pages, 135x195 - 17 Euros
ISBN : 978-2-912010-20-9

connexion absolue...

« Comprenez-moi bien. Il faut bien qu'on se comprenne vous et moi : de l'amour j'en avais des tonnes, mais vous n'en avez pas voulu ; j'espère que c'est bien clair ; une fois pour toutes. J'espère que c'est enregistré, que c'est imprimé dans vos cervelles, même si, bien entendu, quand on aime, on a toujours besoin de le rappeler, l'amour ce n'est peut-être qu'une répétition, mais c'est avant tout l'effacement d'un doute, et on n'efface pas bien. Alors c'est décidé, vous êtes responsableÉ Oui vous. Vous ! Mais je ne m'en fais pas, à peine si je vous en tiens rigueur. Au contraire, je veux vous sauver, je veux vous redonner une chance, une chance d'aimer car tout cela est bien tristeÉ »

Un monde où l'amour est virtuellement parfait peut devenir réellement dangereux !
Jean-François Klingair, épris d'absolu, souffre « d'isolement tactile » et de « folie amoureuse ». Connecté physiquement au Net, il part à la conquête des internautes, agit et, parfois, sévitÉ
Cette épopée intense, où l'angoisse et l'humour noir se partagent le même drame, donne bien des clefs pour comprendre notre malaise affectif d'aujourd'hui.

Un grand roman d'amour en forme de thriller. Bienvenue sur lovepointnet !

Vincent Colin, 34 ans, vit à Strasbourg. Lovepointnet est son premier roman.

 

En couverture : conception Ludovic Dervillez.

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